Daniel Mesguich

  • Après « L'Iliade des femmes », Daniel Mesguich, fils aimé de la Muse française, et Emmanuel Lascoux, helléniste rêveur à haute voix de grec ancien, renouent avec la formidable épopée qui a donné naissance à la littérature. Naissance donnée par un choeur de femmes, à commencer par Hélène et jusqu'à la patiente Pénélope, dans cette Odyssée des femmes. Comme elle, Emmanuel Lascoux tisse et déploie, avec Daniel Mesguich, l'étoffe de ce chant autour des femmes et les déesses, brodeuses, amantes, guerrières, soeurs ou ennemies, qui en sont la force.

    « Je passe tout mon temps à me cuire le coeur aux regrets de mon Ulysse, mon Amour. Eux, ils veulent précipiter le mariage ; moi, je dévide le fil de mes ruses. Une étoffe, voilà l'idée que m'a soufflée une divinité : dresser un grand métier, dans mon palais, et me mettre à tisser, du travail surfin, une pièce interminable ! Après, je leur propose : « Jeunes gens, chers Prétendants, Ulysse est mort, ce dieu ! Patience, ne précipitez pas mon mariage, voyez-vous cette étoffe ? Attendez que je l'aie terminée - quel dommage de gâcher tout ce fil ! C'est un linceul pour Laèrte, ce héros, pour le jour où la destinée l'appellera, où la mort au deuil sans fin le prendra. » Voilà ce que je leur dis, et voilà qu'ils le gobent, ces braves ! Alors je passe mes journées à tisser à mon grand métier et mes nuits à tout défaire, aux lumières dont je m'éclaire. »

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  • On ne part pas on ne revient pas

    Hélène Cixous

    Parution : 6 Septembre 2018 - Entrée pnb : 6 Juin 2019

    Ce texte enregistré en lecture publique le 24 novembre 1991, au théâtre de La Métaphore à Lille, est paru dans la Bibliothèque des voix, dans une lecture à trois voix de Nicole Garcia, Christèle Wurmser et Daniel Mesguich.

    « Le goût du mot assassin dur et doux
    dans la bouche,
    il faut pouvoir le dire, le goûter
    On pourrait le sertir,
    le monter comme une pierre
    À l'anneau de la main,
    Comment en est-on venu à le traiter
    Comme un mot étranger ? L'assassin
    L'accessoire essentiel du théâtre,
    l'as de nos tragédies
    Pourrais-tu m'expliquer
    ce tour de passe-passe
    Au théâtre, l'être humain est
    un assassin
    En réalité l'assassin
    s'appelle être humain
    Je me demande pourquoi nous
    appelons théâtre
    le théâtre seulement, mais pas la vie
    Et saurais-tu me dire pourquoi
    nous craignons tant
    de voir ce que nous ne craignons pas
    de faire
    Le crime commence au petit déjeuner
    Entre les tartines les poignards, le soir
    Nous étouffons le meilleur de nous
    Sous un oreiller,
    je ne sais pas combien d'enfants. » H. C.

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  • Voyage en Égypte

    Gustave Flaubert

    Parution : 1 Décembre 2019 - Entrée pnb : 11 Décembre 2019

    En 1849-1850, première étape d'un grand périple en Orient, Gustave Flaubert, âgé de 28 ans, fait avec son ami Maxime de Camp un voyage de sept mois en Égypte. Ils remontent le Nil d'Alexandrie jusqu'en Nubie puis redescendent avec une excursion de traverse vers la mer Rouge.
    Le paysage, la couleur et la lumière.
    Durant le voyage, Flaubert, ébloui et ému, tient un journal de ses rencontres avec les hommes, les femmes et le pays. D'une écriture très picturale et puissamment évocatrice, parfois crue, ce journal est riche en miniatures saisissantes de perfection. Plus qu'une évocation des monuments rencontrés qui souvent l'ennuient, Flaubert y exprime un souci particulier pour le paysage, la couleur et la lumière, prétexte à des esquisses éblouissantes.

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  • Poésies

    Stéphane Mallarmé

    Parution : 1 Décembre 2019 - Entrée pnb : 11 Décembre 2019

    La lecture à haute voix des poésies de Mallarmé apporte à leur compréhension le soutien du rythme et de la musicalité. et je crois que, les lignes si parfaitement délimitées, ce à quoi nous devons viser surtout est que, dans le poème, les mots qui déjà sont assez eux mêmes pour ne plus recevoir dimpressions du dehors se reflètent les uns les autres jusquà paraître ne plus avoir de couleur propre, mais nêtre que les transitions dune gamme. Stéphane Mallarmé Lettre à François Coppée, 5 décembre 1866

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  • Les Fleurs du Mal

    Charles Baudelaire

    Parution : 1 Décembre 2019 - Entrée pnb : 11 Décembre 2019

    "Que faites vous quand vous écrivez ces vers saisissants ? Que faites vous ? Vous marchez. Vous dotez le ciel de l'art d'on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson nouveau (...) Vous êtes un noble esprit et un généreux coeur. Vous écrivez des choses profondes et souvent sereines. Vous aimez le beau. Donnez moi la main."
    Victor Hugo, Lettre à Charles Baudelaire, 6 octobre 1859

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